jeudi 8 décembre 2011

DICTÉE

C’était dans les années soixante,[1] au collège[2] de Lkhmiçaate, au Mghrib.[3]
Au sous-sol d’un bâtiment, attenant à la lingerie,[4] un local servait de « bibliothèque » non accessible aux élèves, sauf lorsque les enseignants chargeaient l’un d’entre nous d’aller chercher des cartes pour un cours d’histoire-géographie.[5]
La personne qui trônait dans ce local était un monsieur obèse, aux yeux globuleux, toujours en jllaaba.[6]
Il était connu de tous les élèves pour son poids, sa respiration haletante, sa vieille mobylette qui le portait et lui permettait ainsi d’arriver jusqu’à l’établissement.
Son fils était scolarisé au collège, et ne semblait pas apprécier que son père y soit employé.
J’ai appris par la suite que le proviseur lui avait offert, je ne sais pour quelle raison, ce modeste emploi, dont il n’avait peut-être pas spécialement besoin.[7]
Il devait avoir la quarantaine, et parlait souvent en français.
De temps à autre, il lui arrivait d’assurer la surveillance des élèves dans leur salle de cours, lorsqu’un enseignant était absent.
C’est ainsi qu’il s’est trouvé un jour, dans la classe où j’étais.
Il avait alors décidé de nous faire une dictée.
Le titre, je m’en souviens parfaitement, était « Jardin » qu’il lisait « jaaaaardiiiiinnnnn ».[8]
Je ne me rappelle pas du reste du texte.
Après avoir lu le titre, il nous a fixé avec ses yeux globuleux, et répété d’une voix aussi grosse que lui :
─ Je relis : jaaaaardiiiiinnnnn.[9]
Avec le camarade qui était à côté de moi, nous avons fait un effort surhumain pour retenir notre rire.
Le reste de la classe aussi.
Il nous a jeté un regard menaçant, a relu, s’est tu un moment, puis a repris :
─ Je rerelis : jaaaaadiiiiinnnnn.[10]
Toute la classe alors, comme un seul élève, a éclaté de rire.
Il ne comprenait pas.
Après un long silence, il s’est adressé à nous en arabe en disant quelque chose comme :
─ Si j’attrape quelqu’un en train de rire, je m’assois dessus.
Sa phrase à peine terminée, a été suivie d’une explosion de rire de toute la classe.
Au lieu de jeter un effroi, la menace d’un énorme poids au dessus de l’un d’entre nous, a provoqué l’hilarité.
Pendant longtemps, cette hilarité a été transmise à d’autres camarades et entretenues par des blagues se rapportant au physique impressionnant du responsable de « la bibliothèque ».
Peu de temps après, pas pour cette raison, il a quitté l’établissement.
Je crois que je ne l’ai plus revu.[11]

BOUAZZA


[1] Selon le calendrier dit Grégorien.
[2] Mouçaa Ibn Noçayr (le "r" roulé).
C’était une école primaire dite "franco-musulmane" au temps du colonialisme français, à laquelle s’est ajouté le collège.
L’établissement est devenu lycée par la suite.
Lors de mon retour à Lkhmiçaate de 1977 à 1981, j’ai pu obtenir avec l’aide d’un ami de mon père, un poste d’enseignante contractuelle pour mon épouse, dans ce lycée.
Détentrice d’une maîtrise d’italien (langue qu’elle a enseignée dans un collège en France) et d’une licence de français, elle a interrompu son activité d’enseignante en France pour m’accompagner.
De retour en France, elle a eu un poste d’enseignante dans le secondaire, jusqu’à sa retraite.
[3] Le "r" roulé, Maroc.
[4] Où il m’arrivait de me rendre pour saluer la lingère, et l’écouter me parler d’un membre de sa famille, footballeur professionnel en France.
Il s’agissait de Haçane Aquesbii (Hassan Akesbi) qui après des années de joueur professionnel en France est revenu au Maroc où il a entraîné des équipes parmi lesquelles l’Ittihadaad Zmmourii de Khémisset, I.Z.K.
Le collège était doté d’un important internat qui me comptait parmi ses bénéficiaires
J’étais aussi un joueur assidu de football, sport que j’ai longtemps pratiqué.
[5] "La bibliothèque" contenait des livres qui devaient peut-être servir aux enseignants.
[6] Djellaba, robe longue, en tissu ou en laine, avec capuchon.
[7] Il était d’une famille assez aisée, connue en région Zmmour (le "r" roulé).
Son frère avait été désigné comme ministre au gouvernement de Hasan II (Haçane 2) qui a pris la place de son père à la "tête" d’un régime dans le cadre de "l’indépendance dans l’interdépendance" ─ statut accordé par le colonialisme qui s’est traduit dans les colonies entre autres, par la multiplication des "États" supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission, et de servilité dans l’exécution des ordres des métropoles─ où le sultanat du Maroc a été transformé en monarchie héréditaire, dite de "droit divin", et où le sultan est devenu roi ?
À l’époque, je ne connaissais rien de ce régime au service de l’impérialo-sionisme, dont les fondements sont l’imposture, la trahison, la tromperie, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, la tyrannie, le crime, la torture, et autres.
Dans ce domaine, la continuité est assurée.
[8] Le "r" roulé.
[9] Les "r" roulés.
[10] Les "r" roulés.
[11] Voir :
http://raho.over-blog.com
http://paruredelapiete.blogspot.com
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com
http://laroutedelafoi.blogspot.com
http://voyageur-autre.blogspot.com


N’ATTENDONS PAS

Dans un texte intitulé « Ne pas remettre à plus tard ce qui peut être fait le jour même », une « coach certifiée » a dénoncé sur « le net », la procrastination[1] en soulignant qu’il « est important de la dépasser pour sortir d’une habitude qui peut nous enfermer dans notre propre prison ».
J’avais envoyé un « commentaire » où je disais[2] entre autres :
« Ne plus remettre à plus tard ce qui peut être fait sans attendre, c'est d'abord accomplir ce qui nous met sur la Route de la Foi ».
Je posais la question de savoir comment une personne peut se dire musulmane[3] et attendre « plus tard » pour faire de son mieux afin d’accomplir ce que Allaah demande?
La question se pose toujours.
Qu'Allaah nous éclaire et nous guide.[4]

BOUAZZA


[1] Remettre à plus tard ce qui peut être fait le jour même.
[2] Se reporter à mon texte intitulé "Attendre quoi".
[3] Mouslima.
[4] Voir :
http://raho.over-blog.com
http://paruredelapiete.blogspot.com
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com
http://laroutedelafoi.blogspot.com
http://voyageur-autre.blogspot.com

mercredi 7 décembre 2011

L’HARMONIE DANS L’OBÉISSANCE




« Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes,[1] les obéissants et les obéissantes, les loyaux et les loyales,[2] les endurants et les endurantes,[3] les craignants et les craignantes,[4] les donneurs d’aumône et les donneuses d’aumône, les jeûneurs et les jeûneuses, les gardiens de leur chasteté et les gardiennes, ceux qui invoquent beaucoup Allaah et les invocatrices, Allaah leur a préparé un Pardon et une Récompense Immense. Il n’appartient pas à un croyant ni à une croyante, une fois qu’Allaah et Son Messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allaah et à Son Messager, s’est égaré d’un égarement évident. »[5]




[1] Almouminoune wa almouminaate.
[2] Ceux et celles qui sont véridiques.
[3] Les patients et les patientes.
[4] Ceux et celles qui sont recueillis.
[5] J’ai déjà mis plusieurs fois ce texte sur "le net" (avec des titres différents), et je le mettrai encore ine chaa-e Allaah.
Alqoraane (Le Coran), sourate 33 (chapitre 33), Alahzaab, Les Coalisés, aayate 35 et aayate 36 (verset 35 et verset 36).
Voir :
http://raho.over-blog.com/
http://paruredelapiete.blogspot.com/
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com/
http://laroutedelafoi.blogspot.com/
http://voyageur-autre.blogspot.com/



QU’AVONS-NOUS FAIT DU MESSAGE ?

« Mon temple est l’univers et mon autel est le cœur de l’homme ! » Mus par la parole divine[1] de la moelle de leurs os à la portée de leur regard aigu, projetés vers l’avenir debout sur leurs étriers, ils n’avaient de patrie que l’Islam.[2] Et cette patrie était en eux d’abord, à l’est comme à l’ouest, sur terre ou sur mer. Chaque cavalier, chaque monture était un messager de Dieu,[3] porteur du Message. Croulaient les empires séculaires qu’on avait crus bâtis sur du roc, poudroyaient les décombres des valeurs dont les fondations n’étaient qu’humaines. De l’océan Indien à l’océan Atlantique, désormais ne pouvait plus flotter une simple planche, si elle n’était pas musulmane. »[4]


[1] La Parole d’Allaah.
[2] L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
[3] Allaah.
[4] Driss Chraïbi, Naissance à l’aube, Paris, Éditions du Seuil, 1986, p. 48.
Voir :
http://raho.over-blog.com
http://paruredelapiete.blogspot.com
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com
http://laroutedelafoi.blogspot.com
http://voyageur-autre.blogspot.com

mardi 6 décembre 2011

LES CAIROTES SANS COÏT

« On » dit aussi les carottes sont cuites.
« On » parle beaucoup ces jours-ci des « zurnes »[1] qui permettent aux « musulman », depuis « le printemps arabe », de gagner les élections.
En Égypte, les « islamistes » ont eu peut-être un peu plus que ce qu’ « on » a décidé de permettre.
Les cairotes sans coït !
C’est ce que craignent les partisans du Caire des boîtes de nuit, des hôtels de « parties fines », et des innombrables autres lieux de cul.
« On » va vite les rassurer, leur montrer la con-tinuité[2] des principes universels du sexe sans frontière et de la baise sans entraves, piliers des droits de l’homme, pour lesquels « on » ne se fait aucun souci.[3]

BOUAZZA

NOUS AVANÇONS


Hier au téléphone, je t’ai trouvé en forme.
J’ai trouvé aussi que ton épouse va bien.
Alhamdo lillaah.[1]
Ce matin, j’ai reçu ta lettre.
Mon épouse qui l’a lue aussi, te sent serein.
« Qu’ai-je à faire avec les biens de ce monde ? Je suis comme un voyageur qui s’étend à l’ombre d’un arbre ; le soleil en tournant le rejoint, et il quitte cet arbre pour n’y plus revenir ».
Ces paroles attribuées à Mohammad, l’ultime Prophète et Messager sur lui la bénédiction et la paix, ont été rapportées par son épouse ‘Aa-icha qu’Allaah la bénisse.[2]
Nous avançons dans l’impermanence d’ici-bas, vers la permanence de l’au-delà avec l’Espoir qu’Allaah, dans Son Infinie Miséricorde, nous accueille parmi les heureux et les heureuses.
Comme beaucoup de parents dont je suis, tu ne sais pas comment me parler de tes enfants, mes neveux et ma nièce.
Que dire ?
Les enfants ne nous appartiennent pas.
Ni au père, ni à la mère.
Chacun se doit d’accomplir ce pourquoi il est dans l’Univers.
Tes enfants, mes neveux et ma nièce, se doivent donc d’assumer leur destin : qu’Allaah les aide, qu’Il nous éclaire et nous guide.
J’allais oublier de te dire que d’après les échographies, les deux petits enfants qui vont être parmi nous dans quelques mois ine chaa-e Allaah, sont des garçons.
Mon épouse, nos enfants et leurs épouses, se joignent à moi pour te souhaiter, ainsi qu’à ton épouse et à vos enfants, ce qu’il y a de meilleur.[3]

BOUAZZA

[1] La louange est à Allaah.
[2] Paroles citées par :
Etienne. Dinet et Slimane Ben Brahim, la vie de Mohammed, Alger, La Maison des Livres, 1989, p.200.
[3] Voir :
http://raho.over-blog.com/
http://paruredelapiete.blogspot.com/
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com/
http://laroutedelafoi.blogspot.com/
http://voyageur-autre.blogspot.com/

lundi 5 décembre 2011

S’AMÉLIORER

Allaah éduque les croyants et les croyantes[1] pour les sortir des ténèbres à la Lumière.
Il les élève aux degrés les plus hauts et leur demande de commander le convenable[2] et de proscrire le blâmable.[3]
Mohammad, l’ultime Prophète et Messager sur lui la bénédiction et la paix, enseigne que la religion[4] est le bon conseil.[5]
C’est dire que les croyants et les croyantes se doivent d’être à l’écoute, d’être humbles et modestes pour apprendre, afin de transmettre.[6]
L’humilité et la modestie renforcent la fermeté, la détermination et l’inflexibilité des croyants et des croyantes dans la Voie d’Allaah.
La fermeté, la détermination et l’inflexibilité sont nécessaires à la Résistance face aux menaces du nombrilisme, du narcissisme, de l’égocentrisme, et de la vanité par exemple.
Le nombrilisme, le narcissisme, l’égocentrisme, et la vanité poussent à s’agiter dans tous les sens, à gesticuler, à se pavaner, à parler à tort et à travers, à cultiver le bavardage, à faire n’importe quoi pour attirer l’attention, à vouloir paraître à tout prix, à chercher à être le centre d’intérêt, à courir derrière les flatteries, à s’accrocher à l’immaturité, et à faire preuve d’un terrible entêtement qui mène à l’égarement.[7]
Qu’Allaah nous éclaire et nous guide.[8]

BOUAZZA


[1] Almouminoune wa almouminaate.
[2] Alma’rouf.
[3] Almonekar.
[4] L’Islaam qui consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
[5] Addiine annaçiiha…
Hadiite (hadith) rapporté dans "Sahiih Albokhaarii" (l’authentique de Boukhari), Bayroute (Beyrouth), Lobnaane (Liban), éditions Daar Alqalame, 1407 (1987).
Lorsqu’on parle de hadiith (hadite), cela renvoie à la conduite du Prophète et Messager Mohammad sur lui la bénédiction et paix, à Assonna.
Assonna procède d’Alqoraane.
Alqoraane n’a de sens qu’avec Assonna et Assonna ne peut exister sans Alqoraane.
[6] Se reporter à mon texte intitulé "Annaçiiha".
[7] Se reporter à mon texte intitulé "Pathologie persistante".
[8] Voir :
http://raho.over-blog.com
http://paruredelapiete.blogspot.com
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com
http://laroutedelafoi.blogspot.com
http://voyageur-autre.blogspot.com