─ Le syndicat m’a tout donné.
─ Le saint dit cas ?
─ Oui, je lui dois tout, j’en suis convaincu.
─ Con-vaincu ?
─ Tout à fait.
Dès que je suis devenu permanent, j’ai vite compris comment brûler les étapes.
─ Et le feu a pris ?
─ Partout.
France y était pour beaucoup.
─ Beau coup ?
─ Oui, beaucoup.
Toujours partante, le feu au cul.
Se taper la patronne pour quelqu’un comme moi au début, c’était culotté.
─ Cul ôté ?
─ Exactement.
En fait, les syndiqués ne servent pas à grand-chose.
─ Il en faut quand même.
─ Bien sûr, sans quoi ce n’est pas jouable.
─ Et c’est des figurants qui cotisent.
─ Ça ne choque personne.
Mais ne va surtout pas croire que les cotisations pèsent lourd.
Le plus gros pour le syndicat vient d’ailleurs.
Les patrons participent, accordent des avantages, ferment les yeux sur beaucoup, l’État et diverses institutions financent, offrent des privilèges, tolèrent des pratiques que tout le monde « condamne », et auxquelles tous ceux qui le peuvent recourent.
C’est ainsi que ça se passe, tu vois ce que je veux dire ?
Paix sociale.
─ Pet social ?
─ Parfaitement, consensuel en fait.
─ Con-sensuel ?
─ Oui, c’était le bon vieux temps.
─ Le bon vieux thon !
Ça me fait penser au temps des sœurs Ize.
─ Ah, le temps des cerises.[1]
C’est la cerise sur le gâteau.
─ Oui, la sœur Ize sur le gâteux.
─ Les militantes y étaient sensibles, et ça les rendait plus fermes dans leur posture syndicale.
─ Sein dit cale ?
─ Tout à fait, et soucieuses de leur camp.
─ Leur con, c’est important.
─ Pas toujours.
Certaines étaient bien foutues, et ont cherché ailleurs.
Elles se tapaient des politiques, parfois plus qu’importants.
C’est plus motivant qu’une manif, ça c’est vrai.[2]
À droite comme à gauche.
Je connais bien une qui a très bien réussi, et son mari aussi.
Je ne voudrais pas dire, mais je reconnais qu’elle était bonne.
─ Bonne chez qui ?
─ J’aime ton humour, il sent le gaulois.
─ Tu sais, le mythe de Vercingétorix, ce n’est pas pour moi.
─ Qu’est-ce que tu veux, tout est mythologie.
─ Mite au logis en effet.
C’est souvent ainsi après le déjeuner entre deux pensionnaires de la maison de retraite « vitalité».[3]
Après quelques échanges de ce genre, ils s’adonnent à une bonne sieste, en attendant le goûter, et un autre échange.[4]
BOUAZZA
─ Le saint dit cas ?
─ Oui, je lui dois tout, j’en suis convaincu.
─ Con-vaincu ?
─ Tout à fait.
Dès que je suis devenu permanent, j’ai vite compris comment brûler les étapes.
─ Et le feu a pris ?
─ Partout.
France y était pour beaucoup.
─ Beau coup ?
─ Oui, beaucoup.
Toujours partante, le feu au cul.
Se taper la patronne pour quelqu’un comme moi au début, c’était culotté.
─ Cul ôté ?
─ Exactement.
En fait, les syndiqués ne servent pas à grand-chose.
─ Il en faut quand même.
─ Bien sûr, sans quoi ce n’est pas jouable.
─ Et c’est des figurants qui cotisent.
─ Ça ne choque personne.
Mais ne va surtout pas croire que les cotisations pèsent lourd.
Le plus gros pour le syndicat vient d’ailleurs.
Les patrons participent, accordent des avantages, ferment les yeux sur beaucoup, l’État et diverses institutions financent, offrent des privilèges, tolèrent des pratiques que tout le monde « condamne », et auxquelles tous ceux qui le peuvent recourent.
C’est ainsi que ça se passe, tu vois ce que je veux dire ?
Paix sociale.
─ Pet social ?
─ Parfaitement, consensuel en fait.
─ Con-sensuel ?
─ Oui, c’était le bon vieux temps.
─ Le bon vieux thon !
Ça me fait penser au temps des sœurs Ize.
─ Ah, le temps des cerises.[1]
C’est la cerise sur le gâteau.
─ Oui, la sœur Ize sur le gâteux.
─ Les militantes y étaient sensibles, et ça les rendait plus fermes dans leur posture syndicale.
─ Sein dit cale ?
─ Tout à fait, et soucieuses de leur camp.
─ Leur con, c’est important.
─ Pas toujours.
Certaines étaient bien foutues, et ont cherché ailleurs.
Elles se tapaient des politiques, parfois plus qu’importants.
C’est plus motivant qu’une manif, ça c’est vrai.[2]
À droite comme à gauche.
Je connais bien une qui a très bien réussi, et son mari aussi.
Je ne voudrais pas dire, mais je reconnais qu’elle était bonne.
─ Bonne chez qui ?
─ J’aime ton humour, il sent le gaulois.
─ Tu sais, le mythe de Vercingétorix, ce n’est pas pour moi.
─ Qu’est-ce que tu veux, tout est mythologie.
─ Mite au logis en effet.
C’est souvent ainsi après le déjeuner entre deux pensionnaires de la maison de retraite « vitalité».[3]
Après quelques échanges de ce genre, ils s’adonnent à une bonne sieste, en attendant le goûter, et un autre échange.[4]
BOUAZZA
[1] Chanson de 1866 considérée comme une chanson "engagée" concernant le soulèvement populaire dit "Commune de Paris" qui lui, date de 1871 !
Elle a été reprise par des artistes, toutes tendances confondues, et continue de l’être.
[2] Manifestation.
[3] Vite alité dirait l’autre.
[4] Voir :
http://raho.over-blog.com
http://paruredelapiete.blogspot.com
http://ici-bas-et-au-dela.blogspot.com
http://laroutedelafoi.blogspot.com
http://voyageur-autre.blogspot.com
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